Promotion Lieutenant Tom MOREL

TRADITIONS

Promotion Lieutenant Tom MOREL
Hommage aux victimes de l'attentat de Barcelone - 17 août 2017 (2 morts)

Le discours de l'Empereur
Soldats, je suis content de vous.
Vous avez, à la journée d'Austerlitz, justifié tout ce que j'attendais de votre intrépidité : vous avez décoré vos aigles d'une immortelle gloire. Une armée de cent mille hommes, commandée par les empereurs de Russie et d'Autriche, a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s'est noyé dans les lacs. Quarante drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces de canon, vingt généraux, plus de trente mille prisonniers, sont les résultats de cette journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée, et en nombre supérieur, n'a pu résister à votre choc, et désormais vous n'avez plus de rivaux à redouter. Ainsi, en deux mois, cette troisième coalition a été vaincue et dissoute. La paix ne peut plus être éloignée ; mais, comme je l'ai promis à mon peuple avant de passer le Rhin, je ne ferai qu'une paix qui nous donne des garanties et assure des récompenses à nos alliés.
Soldats, lorsque le peuple français plaça sur ma tête la couronne impériale, je me confiais à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclats de gloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux.Mais dans le même moment nos ennemis pensaient à la détruire et à l'avilir ! Et cette couronne de fer, conquise par le sang de tant de Français, ils voulaient m'obliger à la placer sur la tête de nos plus cruels ennemis ! Projets téméraires et insensés que, le jour même de l'anniversaire du couronnement de votre Empereur, vous avez anéantis et confondus ! Vous leur avez appris qu'il est plus facile de nous braver et de nous menacer que de nous vaincre.
Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France ; là, vous serez l'objet de mes plus tendres sollicitudes. Mon peule vous reverra avec joie, et il vous suffira de dire « J'étais à la bataille d'Austerlitz », pour que l'on vous réponde, « Voilà un brave ».

La Phrase
Officiers très bahutés de la non moins bahutée Promotion ___. En ce jour d'hui de l'an de grâce ___,
le vent soufflant toujours du grand carré,
ainsi que les nombreuses directives du chef de bataillon directeur des services militaires de l'infanterie et du reste,
le poireau étant toujours aussi vert mais n'étant pas aussi tenant,
la chichi dirigeant toujours l'ensemble des services, y compris celui du capitaine bulle,
les officiers étant toujours aussi bahutés et les bazars toujours aussi ridicules que grotesques,
ce dont je suis d'ailleurs le plus parfait exemple,
le capitaine étant de service, le lieutenant étant de garde,
l'officier Kleber galopant toujours sur son piédestal,
le cavalier Marceau chaussant son étrier à l'envers,
le coquillard étant toujours sans sous-pieds,
le 240 étant toujours à sa place, le 120 aussi long le 155 aussi court, le 75 aussi rapide,
le képi toujours aussi municipal,
les chaussettes au fixe, les godillots au cran de l'abattu,
j'ai le grand, très grand, suprême honneur de vous rendre compte de ce qu'il ne reste plus que ___ jours
avant que ne luise à vos yeux éblouis, émerveillés, transfigurés,
l'aurore resplendissante du Pékin de Bahut.
Qu'on se le dise virgule, qu'on se le redise virgule, qu'on se le fourre deux points, dans la tête, un point c'est tout.

La Gloire
Voulant voir si l'École était bien digne d'Elle,
La gloire un jour, du ciel, descendit à Saint-Cyr.
On l'y connaissait bien ce fut avec plaisir
Que tous les Saint-cyriens reçurent l'immortelle.
Elle les trouva forts. Ils la trouvèrent belle.
Après trois jours de fête, avant de repartir
La Gloire voulant à tous laisser un souvenir
Fixa sur leurs shakos des plumes de son aile.
Ils portèrent longtemps ce plumet radieux.
Mais un soir de combat, prêt de fermer les yeux,
Un Saint-cyrien mourant le mit sur sa blessure
Afin de lui donner le baptême du sang.
Et depuis nous portons, admirable parure,
Sur notre shako bleu, le plumet rouge et blanc.

Les Fines
Il est d'un usage constant
Qu'en tout pays et qu'en tout temps
Il soit au monde de bons enfants
Que l'on débine
On les appelle de noms d'oiseaux
De j' m'en foutistes, de rigolos
Mais à Saint-Cyr pour eux repos
Ce sont les Fines

Pourquoi les appelle-t-on ainsi
Nul encore ne l'a jamais dit
C'est qu'avec eux tout se finit
Tout se termine
Insoucieux de leur destin
Toujours joyeux et pleins d'entrain
Ils pompent seulement le Pékin
Ce sont les Fines

S'ils ont les calots bahutés
C'est sûrement pas par méchanceté
Ni pour braver l'autorité
Qui les taquine
Mais c'est qu'à tire-larigot
Qu'ils sortent ou qu'ils aillent au cachot
Ils font partout toujours calot
Ce sont les Fines

Si leur tunique n'a pas de cornard
Ils disent que ça viendra plus tard
Ça fait tout de même de bon Cyrard
Que l'on estime
Et qu'on attend impatiemment
Car voyant Paris moins souvent
Ils ont plus de nerf et plus d'argent
Ce sont les Fines

S'ils terminent les listes de classement
C'est qu'à Saint-Cyr pendant deux ans
À faire la pompe éperdument
Nul ne s'échine
Mais allez dans les salles de jeux
Sur les marbres blancs glorieux
Parmi tant de noms valeureux
Y a bien des Fines

Le Pékin de Bahut
Trois Saint-cyriens sont sortis de l'enfer
Un soir, par la fenêtre
Et l'on dit, que Monsieur Lucifer
N'en est plus le maître
La sentinelle qui les gardait
En les voyant paraître
Par trois fois s'écria
Halte-là! Qui va là! Qui vive!
Et les trois bougres ont répondu
Ce sont trois Saint-cyriens qui sont Pékin de Bahut

Ô Pékin de Bahut
Viens nous t'attendons tous
Nous leur ferons tant de chahut
Qu'à la pompe, ils en seront foüs!

Un jour, dans une turne immense
Six cents martyres étaient assis
Les uns disaient "Ah! Quelle chance!
Dans six mois nous serons partis!"
Les autres d'un air lamentable
Contemplant leurs anciens avachis
Disaient "Dans six mois pauvre diable,
Comme eux nous seront abrutis!"

Vous qui, dans l'espoir de Saint-Cyr
Pâlissez sur de noirs bouquins
Puissiez-vous ne jamais réussir
C'est le vœux de vos grands Anciens
Si vous connaissiez les horreurs
De la pompe et du bataillon
Vous préféreriez les douceurs
De la vie que les Pékins ont

La Galette
Noble Galette que ton nom
Soit immortel en notre Histoire
Qu'il soit ennobli par la gloire
D'une vaillante promotion!
Et si dans l'avenir
Ton nom vient à paraître
On y joindra peut-être
Notre grand souvenir
On dira qu'à Saint-Cyr
Où tu parus si belle
La promotion nouvelle
Vient pour t'ensevelir

Toi qui toujours dans nos malheurs
Fus une compagne assidue,
Toi, qu'hélas nous avons perdue,
Reçois le tribut de nos pleurs
Nous ferons un cercueil
Où sera déposée
Ta dépouille sacrée
Nous porterons ton deuil
Et si quelqu'un de nous
Vient à s'offrir en gage
L'officier en hommage
Fléchira le genou

Amis, il faut nous réunir
Autour de la galette sainte
Et qu'à jamais dans cette enceinte
Règne son noble souvenir
Que ton nom tout puissant
S'il vient un jour d'alarme
À cinq cents frères d'armes
Serve de ralliement
Qu'au jour de la conquête
À défaut d'Étendard
Que nous ayons la galette
Pour fixer nos regards

Soit que le souffle du malheur
Sur notre tête se déchaîne
Soit que sur la terre africaine
Nous allions périr pour l'honneur
Ou soit qu'un ciel plus pur
Reluise sur nos têtes
Et que loin des tempêtes
Nos jour soit tous d'azur
Oui tu seras encore
Ô galette sacrée
La mère vénérée
De l'épaulette d'or

Les Officiers
Le dimanche à Versailles
Les Saint-cyriens guerriers
Se rangent en bataille
Se mettant à chanter

Ohé! Ohé! Vivent les Officiers de France
Ohé! Ohé! Vivent les Officiers Français


Sur le fort de Montrouge
Les canons sont braqués
Et si le Pékin bouge
On lui fera chanter

Si le Pékin rouspète
Il se fera cirer
Cirer sur les roupettes
Jusqu'au jugement dernier

Si ta femme est gentille
Pékin fait la passer
Sinon gare à ta fille
On lui fera chanter

Quand le soir en province
Un Casoar parait
Toutes les femmes en pincent
Pour l'Officier français

Quand nous irons en Chine
Les femmes des mandarins
Nous sucerons la pine
Au son des tambourins

Quand nous irons au pôle
Les femmes des esquimaux
Nous les rendrons plus molles
À grands coups de plumeaux

La France est notre mère
C'est elle qui nous nourrit
Avec des pommes de terre
Et des fayots pourris

L'Alsace et la Lorraine
En ont marre de plier
Sous la botte prussienne
On les entend chanter

Dans la lande bretonne
Le grand vent a soufflé
Et le monde s'étonne
D'entendre encore chanter

Combattre avec courage
Et mourir sans regret
C'est le fier apanage
De l'Officier français

Les Casos
Quand les Cyrards quittant l'École
À Paris débarquent gaiement
Les Casos frisés par le vent
Se répandent en bandes folles
Ils flottent, ils flottent gentiment
Les Casoars rouges et blancs

Ils font l'objet des rêveries
Des mamans berçant leur bébé
Les potaches à l'air blasés
Leur jettent des regards d'envie
Ils fuient rapides et légers
Comme des rêves ébauchés

Ils vont là où le cœur les mène
Au nid d'amour pour s'y griser
De caresses et de baisers
Dont-ils sont privés en semaine
Ils frôlent des minois charmants
Les Casoars rouges et blancs

Mais quand là-bas à la frontière
Le canon les a appelé
Ils vont combattre en rangs serrés
Pas un ne regarde en arrière
Ils sont les premiers à l'assaut
Les valeureux petit Casos

Rouges et blancs ils sont l'emblème
Des amours noyées dans le sang
D'adieux que le Cyrard mourant
Fait porter à celle qu'il aime
Ceux-là font couler bien des pleurs
Qui sont tombés au Champ d'Honneur

Tantôt les caresses des femmes
Tantôt les balles et les boulets
Aime, mourir, c'est leur métier
De servir la France et les dames
Voilà ce que disent en mourant
Les Casoars rouges et blancs